Musée d’histoire ­naturelle de Berne

Sur la piste de la nature

La nature à la trace. Le Musée d’histoire naturelle de Berne est l’un des plus importants du genre en Suisse. Ses expositions historiques de spécimens d’espèces locales et de l’Afrique sont uniques en Europe et ont établi la réputation internationale de la collection. Récemment, le plus ancien musée de Berne s’est fait connaître par des expositions thématiques attrayantes, à l’instar de l’actuelle. Parmi les pièces les plus célèbres figure Barry, le chien de sauvetage connu dans le monde entier, auquel l’établissement consacre une exposition à part entière. Les impressionnants cristaux géants du Planggenstock sont également uniques. De par son offre variée, fascinante et instructive pour petits et grands, le musée convient particulièrement bien à un public familial. Des événements culturels non conventionnels attirent aussi les visiteurs de tous âges.

Musée d’histoire ­naturelle de Berne
Allô la Terre! –
Le climat en mutation
Exposition permanente
Musée d’histoire ­naturelle de Berne
Cristeaux géants – le trésor du Planggenstock
Exposition permanente

Un fleuron du musée : cette exposition abrite des cristaux qui figurent parmi les plus importants découverts dans les Alpes au cours des 300 dernières années. Pesant près de deux tonnes, ces merveilles ornent la « salle du Trésor » du musée.

 

Le 21 septembre 2005, les cristalliers Franz von Arx et Paul von Känel ouvrent une cavité dans leur petite mine du Planggenstock, dans le canton d’Uri. A l’intérieur, la lumière de leurs torches illumine une cinquantaine de cristaux d’une taille hors norme, d’une forme parfaite et d’une clarté exceptionnelle. Ils reposent aujourd’hui dans la « salle du Trésor » du Musée d’histoire naturelle. Un éclairage sophistiqué les fait scintiller de l’intérieur. Le joyau de l’exposition tourne lentement sur son axe : il s’agit d’un ensemble de cristaux de 300 kilogrammes, magnifiquement composé. Dans la salle de projection est présenté un court-métrage, « Hüter der Erde » (« Gardiens de la Terre »), qui illustre le travail impressionnant des deux cristalliers.

 

Musée d’histoire ­naturelle de Berne
Barry – le légendaire saint-bernard
Exposition permanente

1814 mourait le chien de sauvetage le plus célèbre du monde : Barry. Il est demeuré une légende jusqu’à aujourd’hui. L’exposition présente les actes héroïques qu’il a accomplis sur le Grand Saint-Bernard. Mais quels récits sont authentiques et lesquels relèvent du mythe ?

 

Barry naquit en 1800. La même année, Thomas Jefferson devenait le 3e président des Etats-Unis et Marie Stuart de Schiller était représentée pour la première fois. Barry était chien de sauvetage sur le Grand Saint-Bernard, qui culmine à 2500 mètres d’altitude. L’Hospice y est géré par des chanoines augustins depuis le XIe siècle. Le franchissement du col était dangereux en toutes saisons. Les chanoines et leurs serviteurs rescapaient des personnes ensevelies ou égarées. Peu à peu, les chanoines se firent accompagner par des chiens pour rechercher des personnes disparues. Ils sauvèrent ainsi la vie de plus de 2000 personnes en plus de 200 ans. Barry est censé avoir participé au sauvetage de 40 personnes. Il était déjà une légende de son vivant.

 

Les chiens de sauvetage n’étaient pas des chiens d’avalanche tels qu’on les connaît aujourd’hui. Leur principale mission consistait à retrouver le chemin de l’Hospice, même dans les pires tempêtes de neige. Barry était sans doute un chien exceptionnel ; il n’aurait pas été sinon aussi célèbre de son vivant. Mais tous les récits relatifs à Barry ne sont pas attestés.

 

Musée d’histoire ­naturelle de Berne
Nager, marcher, voler
- l’évolution des vertébrés
Exposition permanente

De simples organismes aquatiques qui deviennent poissons, puis sortent de l’eau sous forme d’amphibiens et se développent ensuite en reptiles : l’exposition raconte l’histoire passionnante de cette évolution.

 

A travers des objets, des mises en scènes et des textes simples, l’exposition offre un excellent aperçu de l’évolution des vertébrés. Les différentes stations présentent cette genèse de plusieurs millions d’années, des premiers vertébrés dénués de mâchoire à l’être humain moderne.

 

Musée d’histoire ­naturelle de Berne
La grande parade des os
- dans le ventre de la baleine
Exposition permanente

Savez-vous où se trouvent les mains d’un cheval et pourquoi l’éléphant marche sur la pointe des pieds ? Cette exposition moderne d’une collection de squelettes de près de 150 ans ne manque pas de chair !

 

Les 328 squelettes d’animaux reposaient autrefois à l’Université de Berne, à l’institut d’Anatomie. Cette vénérable collection, la plus grande de ce type en Suisse, servait uniquement à des fins scientifiques. Le Musée d’histoire naturelle hérita de ces squelettes, et de 518 os isolés, et insuffla une nouvelle vie à ces objets. L’exposition conjugue esthétique scientifique et goût pour le frisson dans un esprit de foire et de cabaret. Les attractions : le squelette de rorqual de 23 mètres de long, le manège des os ou l’éléphant africain tué par le chasseur de gros gibier Bernard von Wattenwyl et naturalisé.

 

Musée d’histoire ­naturelle de Berne
Animaux d’Afrique
Dioramas 1935–1984
Exposition permanente

Les dioramas du Musée d'histoire naturelle de Berne, dont les « Animaux d'Afrique », sont les pièces maîtresses historiques du musée. Ils ont enthousiasmé des générations de visiteurs. Lors de leur création dans les années trente, ils étaient considérés comme "l'état de l'art" de la taxidermie et de l'art de l'exposition zoologique. Mais ce qu'ils représentent n'est pas la réalité : les dioramas sont toujours des interprétations et des mises en scène de leur époque.

 

L’exposition des grands animaux d’Afrique est indissociable de l’histoire du Musée d’histoire naturelle. La Bourgeoisie de Berne fit construire l’édifice de la Bernastrasse, qui abrite toujours le musée, afin de pouvoir exposer la bonne centaine d’animaux que le chasseur de gros gibier Bernard von Wattenwyl avait abattus au cours de deux safaris en Afrique orientale en 1923–2024. Cette collection est également inséparable de l’histoire passionnante de Vivienne von Wattenwyl. Le dix-neuvième lion que son père voulut tuer le blessa mortellement. Mais la jeune femme de 24 ans poursuivit le safari jusqu’au bout et abattit elle-même un rhinocéros blanc mâle. Vivienne relatera ses aventures dans deux livres — Ernest Hemingway fut l’un de ses lecteurs les plus enthousiastes. Cette histoire inspire également le roman de l’écrivain suisse allemand Lukas Hartmann, « Die Tochter des Jägers ».

 

Au moment de leur création dans les années 1930, ces vitrines étaient considérées comme étant à la pointe de la modernité en matière d’art de la taxidermie et de l’exposition zoologique. Cette forme de présentation a néanmoins vieilli. Aujourd’hui plus que jamais, nous savons que les dioramas ne sont pas des représentations précises de la réalité, mais en partie des interprétations et des mises en scène vues par leurs créateurs. Bien souvent, l’agencement devait répondre à des préoccupations très pragmatiques liées à la disponibilité des objets et à l’espace disponible. Il arrive donc parfois que les dioramas représentent des groupes d’animaux qui ne se côtoient pas dans la nature.

 

La présentation des dioramas vise à faire comprendre que les images de la nature étaient déjà souvent plus idylliques que la réalité au moment de leur création. Par ailleurs, le contexte historique a également été revu. Une grande partie des « Animaux d’Afrique » proviennent en effet du Kenya et de l’Ouganda, des territoires ayant été occupés par la Grande-Bretagne en Afrique de l’Est. Vivienne von Wattenwyl et son père Bernard ont ainsi en partie profité des structures coloniales ; en d’autres termes, ils ont exploité le savoir et la main-d’œuvre de la population locale. Aujourd’hui encore, la chasse aux trophées est une tradition sur le continent africain. Elle fait l’objet de discussions controversées. Il existe en effet d’innombrables conflits d’intérêts et la frontière entre la protection et l’exploitation de la nature est mince.

 

L’espace d’accueil comporte de très nombreux albums photos numériques et les visiteurs trouveront également des informations complémentaires près de chaque diorama. Les panneaux d’information ne fournissent pas seulement des indications classiques comme le nom ou le statut de conservation d’un animal, mais aussi des informations supplémentaires sur la disparition des espèces et la destruction de l’habitat animal.

 

Musée d’histoire ­naturelle de Berne
Pierres de la Terre
Bijoux des Alpes et du monde
Exposition permanente

Les pierres constituent des archives inépuisables : elles sont révélatrices de la formation de la Terre et de l’évolution de la vie. L’exposition présente un aperçu représentatif des trésors géologiques du musée.

 

Dans la vie de tous les jours, nous rencontrons en permanence des cristaux naturels, sans en avoir conscience. Voitures, ordinateurs, bâtiments et ponts sont fabriqués à partir de minéraux. Les 2300 roches et minéraux exposés sont impressionnants par leur histoire et leur beauté. Le regard ne se lasse pas de contempler topazes, apatites, calcites et autres trésors. Le musée est aussi spécialisé dans les minéraux extraterrestres, les météorites. Le département des Sciences de la Terre a joué un rôle majeur dans la découverte de la météorite de la montagne de Douanne (Twannberg), le seul champ de dispersion connu en Suisse.

 

Musée d’histoire ­naturelle de Berne
Les animaux de Suisse
Dioramas 1941
Exposition permanente

Quel est ce bruissement au grenier ? Quel animal s’enfuit silencieusement dans le sous-bois ? Nous connaissons la faune indigène, mais ne nous voyons que rarement certaines espèces. L’exposition « Les animaux de Suisse », classée monument historique, nous familiarise avec cette diversité.

 

La section « Les animaux de Suisse » du Musée d’histoire naturelle fut inaugurée au début de la Seconde Guerre mondiale – et fut par la suite assidûment visitée par les militaires. Les 164 dioramas devaient montrer aux soldats les trésors de la nature qu’ils défendaient aux frontières. Jusqu’à aujourd’hui, cette vénérable exposition, comportant 610 animaux naturalisés, est demeurée une composante importante de la maison : à titre de monument historique et d’archive de la biodiversité. Certaines espèces présentées se sont entre-temps éteintes, d’autres, comme le lynx, sont réapparues. Les dioramas historiques continuent d’impressionner par leur qualité artisanale et esthétique. L’exposition comporte des espèces typiques des Alpes, comme le lagopède alpin et le lièvre variable, ainsi qu’une collection impressionnante de plus de 145 oiseaux, du moineau domestique à la rare chevêche d’Athéna.

 

Musée d’histoire ­naturelle de Berne
Scarabées & Cie
- l’univers bigarré des invertébrés
Exposition permanente

L’exposition présente une multitude de coléoptères, insectes, papillons, gastéropodes et coquillages. Les visiteurs voyagent dans l’univers bigarré des invertébrés qu’illustrent des projections fascinantes, des courts-métrages et plus de 1000 objets.

 

L’homme se considère comme le « couronnement de la Création » et, à ce titre, il oublie que la Terre est la planète des insectes. Environ trois quarts de toutes les espèces animales connues sont des insectes, une classe d’animaux qui revêt donc une grande importance. Que se passerait-il si, soudain, tous les insectes disparaissaient ? Les scientifiques sont unanimes à ce sujet : l’être humain ne tarderait pas à suivre. Les insectes n’aident pas seulement les plantes à se reproduire, mais ils veillent à ce que la Terre reste propre. Sans leur action discrète, des quantités gigantesques de déchets et de charognes s’accumuleraient en un rien de temps.

 

L’exposition illustre les relations complexes entre les invertébrés et les humains. Elle remonte en même temps à des périodes lointaines et présente des animaux fossiles, mais aussi d’autres invertébrés, demeurés pratiquement inchangés depuis la nuit des temps.

 

Musée d’histoire ­naturelle de Berne
Nid de Pica
espace de découverte de l'univers forestier pour toute la famille
Exposition permanente

Nid de Pica: un endroit comme on n’en a encore jamais vu dans les musées: cet espace de découverte de l’univers forestier pour toute la famille est un concept innovant dans le paysage muséal. Un lieu pour faire des découvertes, jouer, lire et se détendre. Les enfants apprennent à connaître cet habitat que représente la forêt de manière ludique et pédagogique.

 

Le Musée d’histoire naturelle est un musée pour les familles. Aujourd’hui déjà, familles et enfants ont tout le loisir de découvrir par eux-mêmes le large éventail d’événements et d’activités que ce lieu propose. Désormais, l’institution de la Bourgeoisie de Berne étend son offre à un lieu dont de nombreux parents, grands-parents, parrains et marraines ou autres accompagnateurs ont probablement rêvé: un havre de paix pour la famille. Ici, tout ce qui fait plaisir est permis: jouer en toute insouciance avec les parents, les autres enfants ou tout seul, toucher les objets, laisser libre cours à son envie de bouger et même faire parfois un peu de bruit, et ce dans un cadre où tout le monde se sent bien. 

 

60 animaux dans un hêtre géant

 

Le nid de Pica est un concept innovant dans le paysage muséal. D’une part, il s’agit d’une exposition pour enfants adaptée aux besoins des petits visiteurs. D’autre part, c’est un lieu où les familles peuvent se retirer, permettant aux accompagnateurs de jouer avec les enfants ou de profiter d’un moment de repos et de détente avec un café et un magazine. Pica, c’est le nom de la pie espiègle et mascotte des offres de médiation au Musée d’histoire naturelle. 

 

Le hêtre géant est l’élément central du nid de Pica. Environ 60 animaux de la forêt se sont dissimulés dans ses racines, dans son tronc et dans son feuillage. Certains des animaux naturalisés sont cachés dans l’arbre, tandis que d’autres sont assis bien en vue sur les branches. Sur les murs, vous pouvez voir les sympathiques créatures de la célèbre illustratrice de livres pour enfants Kathrin Schärer. 

 

Une exposition sans textes

 

Le concept du nid de Pica fait en sorte que les enfants ne soient pas inondés d’informations, l’exposition pour enfants se veut donc pédagogique tout en se déroulant dans une ambiance décontractée. Les enfants assimilent des connaissances de manière ludique: ils découvrent ainsi la biodiversité de la forêt en jouant. Les enfants choisissent eux-mêmes les animaux sur lesquels ils veulent en apprendre davantage. Les pièces ne sont pas accompagnées d’étiquettes: le nid de Pica se passe de textes d’exposition. Pour les plus curieux, on peut toutefois trouver des petits textes amusants sur toutes les espèces animales dans le grand livre mis à disposition, que les enfants peuvent parcourir seuls ou avec l’aide de quelqu’un. Ces textes courts et divertissants nous apprennent par exemple que le papillon citron se laisse geler en hiver ou que le mâle rouge-gorge peut chanter jusqu’à 275 mélodies. 

 

L’hêtre d’autrefois 35 mètres de haut provient de Suisse orientale. Il a fallu l’abattre pour des raisons de sécurité. Le transport et le séchage de l’arbre se sont avérés être un défi majeur pour les créateurs. En raison de sa taille imposante et de son poids, le tronc a dû être scié en plusieurs parties d’une envergure tout aussi impressionnante, à l’image de la racine de plus de deux mètres de haut. 

 

La cabane à livres: un véritable havre de paix

 

Son nom sonne comme une promesse: le nid de Pica offre également des endroits où l’on peut se retirer au calme pour des moments de détente. La cabane à livres abrite quelque 150 livres illustrés sur la nature pour tous les âges. Mais les visiteurs du nid plus âgés y trouveront aussi leur bonheur. En plus des emplacements pour s’assoir, une machine à café et des magazines sont mis à disposition. Le pique-nique est également autorisé. Les poussettes peuvent être déposées devant le nid de Pica sur les places de parking nouvellement créées.

 

Qui sont les créateurs?

 

L’espace de découverte de l’univers forestier a été conçu par l’équipe de médiation et de conception du Musée d’histoire naturelle en coopération avec la filiale suisse de la société allemande Kukuk, qui crée des espaces de jeu et d’activités uniques à travers l’Europe et est également responsable du populaire terrain de jeu d’Elfenau. 

 

Musée d’histoire ­naturelle de Berne
Animaux du Nord
Dioramas 1942–1968
Exposition permanente

Quelques minutes suffisent pour découvrir les ours polaires, les bœufs musqués et les phoques sous des éclairages variés, depuis la lumière magique du lever du soleil jusqu’au bleu glacial de la nuit polaire.

 

Cette partie de l’exposition offre des aperçus de la vie des animaux de l’hémisphère nord. Y figurent non seulement les habitants typiques du pôle Nord, mais aussi trois des plus grands types d’ours du monde : l’ours polaire, le grizzly et le kodiak. Les morses, les phoques et les bœufs musqués ne sont pas moins impressionnants. De plus, un diorama étonnant présente les prouesses aériennes et aquatiques d’oiseaux de Norvège. Les animaux naturalisés sont anciens, mais l’éclairage est moderne : un spectacle de lumière fait vivre en quelques minutes le déroulement d’une journée dans le froid glacial du Grand Nord.

 

Musée d’histoire ­naturelle de Berne
Cabinet de curiosités
Collection exposée
Exposition permanente

Les collections scientifiques abritent des millions d'animaux et de plantes. Ces précieuses archives de la nature documentent la biodiversité - la variété de la vie - et permettent la recherche fondamentale sur l'évolution, la distribution et la diversité des organismes vivants. La poursuite des travaux visant à approfondir notre connaissance de la biodiversité est également inestimable pour notre société : par exemple, des substances actives et des matériaux issus de la nature qui ne sont pas encore découverts aujourd'hui pourraient être révolutionnaires pour les futurs développements de la médecine ou de l'agriculture.

 

Pourtant, l'irremplaçable diversité de la vie, essentielle à la survie de l'homme, est en danger, et son étude est aujourd'hui plus urgente que jamais : sur les 10 millions d'espèces estimées, seuls 2,1 millions environ ont été recensés, et d'innombrables espèces disparaissent chaque jour à jamais, avec leurs habitats tels que les forêts tropicales ou les paysages fluviaux sauvages.

 

Avec cette exposition, le musée ouvre au public une partie de ses collections scientifiques. Une promenade dans la "Wunderkammer" permet de découvrir les activités de collecte actuelles, les méthodes de recherche modernes et les collections historiques irremplaçables - une visite extraordinaire d'un des problèmes les plus urgents de notre époque.